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Le n° 131 paraîtra en janvier 2020

Jadis n° 130

Editorial n° 129

Editorial

 

Notre numéro de printemps s'ouvre sur une très belle recherche de Mme Annie Lefebvre, que beaucoup ont déjà apprécié comme guide-conférencière. Travaillant depuis plusieurs années sur les « églises de la reconstruction » dans le Cambrésis, ces églises qui avaient été détruites pendant la première guerre mondiale, elle nous présente ce patrimoine remar­quable, fruit de grands chantiers où ont œuvré de grands artistes : architectes, peintres, sculp­teurs, verriers, mosaïstes. Dans cette première partie elle retrace le contexte : les trois vagues de destructions, au point que certains villages ne devaient pas être reconstruits. Elle explique pourquoi la réédification des églises était vue comme une priorité. 63 églises étaient à recons­truire ou réparer, suivant une réglementation précise. De nouveaux courants artistiques appa­raissent, l'Arche, les Ateliers d'Art Sacré. Le parcours d'artistes, Valentine Reyre, Lucien Jo­nas, Emile Flamant est mis en valeur. Pour l'architecture, où de nouveaux matériaux sont utilisés, des communes choisiront de garder le style d'avant-guerre, comme à Rumilly, Noyelles, Ribé­court, ce que nous verrons dans le n° 130 de Jadis en Cambrésis ; d'autres opteront pour un style plus avant-gardiste, ce sera le cas à Flesquières, Villers-Plouich, La Vacquerie, Abancourt, Mas­nières, Fontaine-Notre-Dame, Hermies (Jadis n° 131).

Nous présentons ensuite la dernière partie d'un document extraordinaire, le récit de l'évacua­tion d'une famille, en mai 1940, de Cambrai à Guingamp. Cette retranscription soignée, par M. Jean-Bernard Cyffers et son épouse, du récit de Jean Cyffers, récupéré dans les papiers de famille, est complétée, en grisé, par une autre relation familiale, celle d'Yvonne Lemaire, et enri­chie du témoignage de Gisèle Lemaire qui avait 6 ans à l'époque. Nous suivons la famille de fin mai à juillet 1940, avec les difficultés à se loger, se ravitailler, avoir des nouvelles des uns et des autres.

Nous partons, grâce à M. Pierre Démaret, à la découverte du Général Jean-Baptiste Emile Crinon (1869-1946), né à Le Cateau. Après des études dans cette ville, à Cambrai puis à Paris, il entame une grande carrière militaire. Il sera blessé lors des grèves consécutives à la catastrophe de Courrières, sera distingué pour son courage lors du premier conflit mondial. Il sera titulaire de nombreuses médailles. Le beau parcours d'un personnage à présent oublié.

Viesly, 1817 : quatre personnes d'une même famille, les Desenfans, sont assassinées. Crime cra­puleux ? Crime de rôdeur ? Vengeance ? MM. Gérard Domise-Pagnen et Daniel Herbin nous pré­sentent les victimes, les accusés, les indices. La condamnation à mort est suivie d'un rebondisse­ment incroyable : la Cour de cassation acquitte les accusés...

Partons à Fontaine-au-Pire pour connaître, grâce à Mme Françoise Boniface, les termes et ex­pressions en « patois », cette fois sur le thème de la météo : soleil, pluie, vent, orage, tempête, froid... le parler de Fontaine est riche et savoureux.

Notre rubrique « Du côté des Archives » vous propose un édit de 1666 : Déclaration du Roi contre les jureurs et les blasphémateurs.

Toute reproduction, même partielle, d'articles parus dans « Jadis en Cambrésis » (texte et / ou photos), sous quelque support que ce soit, est strictement interdite sans l'autorisation de l'au­teur et de l'éditeur.

Sommaire du Jadis n° 129

 

Sommaire

129 2019 05 Couverture page 1 : Fontaine-Notre-Darne : fresque du choeur de l'église, oeuvre de Valentine Reyre (Photo Ph. Barbet).

129 2019 05 Couverture page 2 : Coordonnées de l’association - Sommaire

129 2019 05 00 page 1   Éditorial.

129 2019 05 01 page 2  La reconstruction des églises après la première guerre mondiale dans le Cambrésis (partie 1), Annie Lefebvre.

129 2019 05 02 page 11 Evacuation 1940 : De Cambrai à Guingamp (3ème partie), Jean-Bernard Cyffers.

129 2019 05 03 page 24 Le Cateau : Le général Crinon, Pierre Démaret.

129 2019 05 04 page 37   Viesly : Meurtre de la famille Desenfans, Gérard Domise-Pagnen et Daniel Herbin.

129 2019 05 05 page 45 Le parler de Fontaine-au-Pire : expressions patoisantes : la météo, Françoise Boni­face.

129 2019 05 06 page 47   Du côté des archives : Déclaration du Roi contre les jureurs et les blasphémateurs.

129 2019 05 Couverture page 3 : Bon d’abonnement – Participation à l’association

129 2019 05 Couverture page 4 : Masnières : Nef de l'église : Vitrail saint Amand - saint Vaast (Photo Ph. Barbet).

 

 

Article 1

La reconstruction des églises après la 1ère Guerre Mondiale dans le Cambrésis

1ère partie

Annie Lefebvre

 

Le sud et sud-ouest du Cambrésis possède un patrimoine remarquable, encore peu con­nu, celui d'un ensemble d'églises reconstruites après la Première Guerre Mondiale, of­frant une architecture audacieuse pour l'époque entre la tradition et la modernité. Dans l'ouverture de ces immenses chantiers, de véritables artistes, qu'ils soient architectes, peintres, sculpteurs ou maîtres-verriers ont œuvré dans un même élan spirituel, pour nous laisser le témoignage de leur Foi. A nous de le découvrir.

Article 2

Évacuation de 1940, De Cambrai à Guingamp...

3ème partie

Jean-Bernard Cyffers

 

Dimanche 26 mai 1940 : La journée est pluvieuse. Colau part avec sa femme pour Rennes où, d'après lui, les services de la recette municipale de Cambrai, services dans lesquels il était employé, doivent être repliés. Des autocars emmènent vers Gisors les divers réfugiés mais ne veulent pas prendre de bagages ; nous ne pouvons accepter cette séparation des quelques objets de première nécessité qui nous ont jusqu'ici accompagnés. Il nous faut par­tir ; cependant nous devons faire les démarches nécessaires. Nelly et moi sommes allés à la préfecture le matin ; ils ne savent rien. Nous retournons avec Suzanne à ladite préfecture à 14 heures... les bureaux doivent être ouverts pour cette heure mais nous devons attendre jusqu'à 15 heures pour que les portes soient ouvertes. L'employé qui nous reçoit ne sait rien... il ignore s'il peut délivrer des bons de transport. Il nous dit d'aller à (raison) de Su­zanne, institutrice, à l'Inspection d’Académie. C'est à l'autre bout de la ville... nous sommes très bien reçus mais nous n'obtenons aucun renseignement ; nous devons partir... voyez à la gare, « voyez à la police pour avoir des transports gratuits ». Nous allons à la gare, nous al­lons à la police, les services ignorent tout sur les possibilités de la gratuité du transport.

Nous décidons de partir pour Rennes. Nous demandons les renseignements nécessaires à la gare, le prix du transport ... et nous nous mettons à l'ouvrage. Les bagages sont refaits, nous les conduisons à la gare. Les employés, bien que leur journée soit terminée acceptent de nous aider à décharger nos colis... nous les mettons sur le quai de la gare ; les employés nous re­commandent d'être de bonne heure le lendemain pour l'enregistrement des bagages.

Article 3

Le Général de Division - Jean-Baptiste Emile Crillon - 1869 - 1946

Pierre Démaret

 

Jean Baptiste Crinon est né lundi 15 février 1869 à 21 heures, rue Belle à Le Cateau. Il décède le vendredi 18 octobre 1946 en son domicile, 1 rue des Minimes à Paris (3ème arrondissement). Jean Baptiste est le fils de Jules Emile Crinon, 38 ans, cultivateur puis marchand brasseur, et propriétaire, et de Célina Maria Hennequant, 29 ans, propriétaire. Jean-Baptiste avait un frère, Jules Emile, né lundi 31 mai 1861 à Le Coteau, négociant à Trouville (Calvados).

Jean-Baptiste Crinon avait les cheveux et les sourcils châtains, les yeux bleus, le front ordinaire, le nez moyen, la bouche petite, le menton rond et le visage ovale ; sa taille était de 1 m 78 et son degré d'instruction 2 est 5.

Article 4

Viesly, 1817 : Meurtre de la famille Desentans

Nuit du 12 au 13 décembre 1817 à Viesly - Ferme du lieu-dit des Fontinettes

Gérard Domise-Pagnen et Daniel Herbin

 

13 décembre 1817 au matin : Pierre Joseph Desenfans, ne voyant pas son fils Jean Baptiste et apercevant les volets clos, passe par une porte ouverte située derrière la maison et découvre, horrifié, le massacre de son fils, de sa belle-fille et de deux enfants. Il s'agit de

-           Jean Baptiste Desenfans, né le 30 juin 1784 à Inchy-en-Cambrésis

-           Jeanne Hermand, née le 7 avril 1789 à Eugies (Belgique), son épouse

-           Léopold Desenfans, leur fils, né en 1810

-           Isabelle Desenfans, leur fille, née le 27 décembre 1812 à Solesmes.

Deux autres enfants ont été épargnés

-           Félicité née le 19 juillet 1815 à Solesmes était recroquevillée dans le lit de ses parents.

-           Nathalie née le 13 mai 1817 à Solesmes étant encore à la mamelle luttait contre le froid dans sa berce.

Que s'est-il passé ? Crime crapuleux ? Crime d'un rôdeur ? Crime de vengeance ?

Article 5

Le parler de Fontaine-au-Pire

Expressions patoisantes

Françoise Boniface

 

Qui n'a pas, un jour ou l'autre, évoqué avec nostalgie le proverbe favori du grand-père ou éclaté de rire quand un mot ou une expression, oubliés depuis longtemps, ont surgi dans la conversation ? Notre patois est tellement riche de ces petites phrases, de ces termes intraduisibles parfois, capables d'illustrer tous les aspects de la vie quotidienne, qu'il s'agisse du tra­vail, de la nourriture, de la météo, de la famille, des enfants, du couple, des rapports entre les gens, des qualités et des défauts de chacun... tous ont leurs maximes par­faitement adéquates.

Elles sont souvent triviales, parfois poétiques (c'est moins fréquent), toujours imagées et, la plupart du temps, pleines d'humour. Il y a celles qu'on emploie encore et tou­jours, celles qu'on a complètement oubliées, celles qui nous rappellent les parents, les grands-parents ou un vieux mononc', celles qui nous feront toujours rire, les mysté­rieuses, les historiques, et j'en passe.

On trouvera ici uniquement les termes et expressions que j'ai relevés à Fontaine-au-­Pire. Je ne prétends pas que cet inventaire soit complet mais il me vient d'une longue lignée de natifs du village et je leur fais confiance. Ils sont, sans aucun doute, connus et employés dans d'autres villages avec des différences de prononciation, parfois de sens.

Article 6

Du côté des Archives ...

Déclaration du Roi contre les jureurs et blasphémateurs 30 juillet 1666

Gallica, Bibliothèque nationale de France

Déclaration du Roy

Contre les jureurs et blasphémateurs du Saint Nom de Dieu, de la Vierge et des Saints

Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, Salut ; considérant qu'il n'y a rien qui puisse attirer d'avantage la bénédiction du Ciel sur notre Personne et sur notre Etat, que de garder et faire garder les Saints Commandements inviolablement, et faire punir avec sévérité ceux qui s'emportent avec cet excès de mépris, que de jurer et détester son Saint Nom, Nous aurions lors de l'entrée à notre majorité, et à l'imitation des Rois nos prédécesseurs, fait expédier une Déclaration le 7 septembre 1651, enregistrées en nos Cours de Parlement, portant défenses, sous de sévères peines, de blasphémer, jurer, détester la divine Majesté, et de proférer aucune parole contre l'honneur de la très sacrée Vierge sa mère et des Saints ; mais ayant appris avec déplaisir qu'au mépris desdites deffenses, au scandale de l'église et à la ruine du salut d'aucuns de nos sujets, ce crime règne dans presque tous les endroits des provinces de notre Royaume, ce qui procède particulièrement de l'impunité de ceux qui le commettent Nous nous estimerions indignes …